updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Des attaques loin d’être virtuelles

Pour avoir osé s’attaquer aux stéréotypes des femmes dans les jeux vidéos, Anita Sarkeesian a récolté un déluge d’insultes.

 

«F… you, féministe», «salope hypocrite», «retourne à la cuisine, conasse». Ces phrases à la tournure délicate font partie des milliers de commentaires sexistes, antisémites et homophobes qu’une chercheuse américaine a suscités en quelques heures pour avoir posté une vidéo dans laquelle elle faisait appel au don pour se consacrer à une étude poussée des stéréotypes féminins dans les jeux vidéos.

La communauté des gamers ne tenant guère à une mise en lumière des stéréotypes de la jeune donzelle à sauver ou de la bombe sexuelle en arrière-plan se sont également attaqués à sa page Wikipédia. Les 5 et 6 juin dernier, au lendemain de la mise en ligne de sa vidéo, on pouvait lire «Anita Sarkeesian est une blogeuse vidéo et une salope qui se concentre sur l’image des femmes dans la culture populaire». Les liens redirigeaient l’internaute vers des sites pornographiques. Les modérateurs de Wikipédia ont finalement bloqué l’accès à la page dès qu'elle a été officiellement reconnue comme la cible de «vandalisme».

S’il en était besoin, ces attaques ont montré que les recherches sur l’image de la femme dans les jeux vidéos est fondamentale. Anita Sarkeesian a d’ailleurs recueilli plus de 150 000 dollars, qui vont lui permettre de créer des DVD pour usage scolaire. Mais les 2000 commentaires resteront impunis. L’unique réponse un tant soit peu constructive à son projet est venue d’un groupe d’amateurs de jeux vidéos qui proposent de mettre également en lumière les stéréotypes dont sont victimes les hommes dans les jeux. Et le changement, c’est pour quand ?