updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

"Le conte de fée d'une mocheté"

C'est en ces termes que s'est exprimé, à propos de Nafissatou Diallo, Franck Tanguy, un des chroniqueurs de l'émission de RMC Les grandes gueules le 21 janvier. Hier, le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) a mis en demeure la radio pour les «propos injurieux, misogynes, attentatoires à la dignité de la personne et à connotation raciste» tenus à l’encontre de Nafissatou Diallo.

Le débat avait commencé avec cette réflexion de Sophie de Menton, autre chroniqueuse, qui disait : «Tu veux que je sois politiquement totalement incorrecte ? [...] Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux». Dans cette émission où tous les discours sont permis, on s'interroge: "A combien tu estimes le viol?". Là, Sophie de Menthon prend fait et cause pour les femmes. Va-t-elle dire un mot en faveur de la femme de chambre du Sofitel ? Non, pas du tout, par contre elle trouverait "scandaleux que ce soit Anne Sinclair qui soit obligée de payer". Qu'elle se rassure : DSK va pouvoir régler la note lui-même grâce à de juteuses conférences données à travers le monde. L'honneur est sauf, surtout celui d'Anne Sinclair. Qui parmi les intervenant-e-s de cette émission allait peut-être expliquer le traumatisme d'un viol, d'une tentative de viol ou d'une agression sexuelle? Personne, de leur point de vue, ce qui est arrivé à la femme de ménage est véritablement "un conte de fée". Et de comparer la tragédie de Nafissatou Diallo au destin de Pretty Woman. Sauf que c'est un "tromblon".

Franck Tanguy poursuit à propos de Nafissatou Diallo: «Elle n’a rien pour elle, elle ne sait pas lire, pas écrire, elle est moche comme un cul, et elle gagne 1,5 million, c’est quand même extraordinaire cette histoire.»

Une honte pour ces pseudo-chroniqueurs-euses qui se vautrent dans la haine avec délectation. Le plus choquant, ce sont les propos de Sophie de Menthon,  ancienne membre de l'Observatoire de la parité, présidente de société (ETHIC, dont la mission est de "promouvoir l’éthique auprès de tous les acteurs économiques"),  aujourd'hui membre du Conseil Économique et Social, Commandeur de l'ordre national du mérite, et officier de la légion d'honneur. Elle a même réussi à se justifier par rapport à la décision du CSA en affirmant que «la condamnation (du CSA) ne s’exerce pas à (ses) dépens. Elle est bien celle de l’émission et de l’animateur». Un bel exemple de solidarité féminine !

En réaction, une page Facebook a été créée qui demande le départ de Sophie de Menthon de l'émission (http://www.facebook.com/pages/POUR-QUE-SOPHIE-DE-MENTHON-QUITTE-LES-GG-RMC/129754777101062) et Osez le féminisme a lancé différentes actions, notamment une pétition auprès du CSA.