updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Viols en Inde, jusqu'à quand?

Après le viol de la touriste supposée lausannoise en Inde par quatre hommes vendredi passé, la polémique enfle tant en Suisse que dans le sous-continent: Reprenant à son compte les déclarations de l'inspecteur de police Avnesh Kumpar Budholiya, le ministre de l'Intérieur de l'Etat du Madhya Pradesh, Uma Shankar Gupta a déclaré que les touristes suisses avaient fait preuve d'imprudence dans un pays qu'ils connaissaient peu et qu'iis auraient dû s'informer auprès des autorités locales pour savoir où dormir. En tout état de cause, le camping sauvage n'est pas autorisé, ce qui "arrange" le ministre incapable de faire face aux viols dont sont victimes les femmes dans la région. Excédées, les associations féministes indiennes saisissent ce cas pour réclamer que la police et la justice fassent enfin leur travail. Mamta Sharma, présidente de la National Commission for Women, exige que le gouvernement prenne des mesures strictes en soulignant que "le fait que les violeurs restent impunis, doit nous amener à nous demander quelle image donne l'Inde au reste du monde".

 

Aujourd'hui, des députés du parlement du Madhya Pradesh, scandalisés par la tournure des événements et par les déclarations d'Uma Shankar Gupta, siègent habillés en noir et demandent la démission du ministre de l'Intérieur. Ils réclament un débat d'urgence sur les violences faites aux femmes. Devant le chaos provoqué par les parlementaires, la session a été ajournée. La question des viols et des agressions sexuelles prend désormais une dimension diplomatique puisque la sécurité des touristes étrangers n'est pas assurée. Côté DFAE, Berne se couvre avec ses "conseils aux voyageurs" qui stipulent clairement qu'il y a "dans tout le pays une augmentation de viols et de délits sexuels. Il existe même un paragraphe pour les femmes précisant que celles "qui sont accompagnées d’un homme, sont moins importunées et voyageront de préférence en groupe ou se feront accompagner d'un guide reconnu. Cette recommandation vaut également pour les personnes qui ne sont pas familiarisées avec le pays". On ne peut être plus clair.

 

Une diplomate suisse avait déjà été violée en 2003 à New-Dehli mais il aura fallu les manifestations massives de décembre 2012 pour que le parlement indien approuve enfin le projet de loi qui condamne les agresseurs à une peine plancher de 20 ans de prison. Combien de temps faudra-t-il encore pour que la loi soit vraiment appliquée?

 

Photo DR, les agresseurs présumés de la Suissesse