updated 9:44 AM CEST, May 9, 2017

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Cinéma, un label non-sexiste

La Suède poursuit sur sa lancée: de nombreux cinémas de Stockholm décernent désormais un label aux films non-sexistes qui réussissent le test Bechdel. En quelques semaines, l'idée a fait des émules puisque des festivals et des distributeurs du monde entier se sont adressés aux promoteurs-trices de cette labellisation. Cela va-t-il révolutionner l'industrie cinématographique? Est-ce la fin des gros clichés auxquels elle nous a habitué-e-s et conditionné-e-s?

En quoi consiste ce test? Quels sont les critères retenus pour qu'un film soit labellisé? Tout part d'Alison Bechdel, une dessinatrice de BD, étatsunienne, qui a publié dans une revue féministe new-yorkaise une série intitulée Dykes to watch out for (Les lesbiennes à suivre). Dans l'épisode The rule, elle crée en 1985 le fameux test qui portera son nom par la suite et qui permet d'évaluer la représentation des femmes dans un film. Il répond à trois questions: 1- Y a-t-il au moins deux personnages féminins portant des noms ? 2- Ces deux femmes se parlent-elles directement ? 3- Leur échange porte-outil sur un sujet autre qu'un personnage masculin ? A noter qu'Alison Bechdel s'inspire des observations de Virginia Woolf sur la représentation des femmes en littérature. Indicateur du sexisme, ce test révèle l'absence ou la vacuité des rôles féminins à l'écran, trop souvent simples faire-valoir des personnages masculins.

A l'origine du projet, Ellen Tejle, la directrice du cinéma Bio Rio à Stockholm explique qu'elle souhaitait "faire quelque chose pour montrer à quel point les femmes sont invisibles au cinéma. Quelque chose de concret." Les chiffres parlent pour elle: Aux Etats-Unis, 70% des acteurs qui prennent la parole à l'écran sont des hommes, un tiers des 30% d'actrices qui parlent apparaissent à l'écran dénudées ou dans des postures à caractère sexuel. Enfin depuis que les oscars existent (1929), une seule femme y a été récompensée en tant que réalisatrice: Kathryn Bigelow. En Europe et ailleurs, c'est la même rengaine.

Pourtant cette initiative pourrait faire bouger les choses. Les rencontres avec les professionnels de l'image semblent aller dans le sens d'Ellen Tejle : la chaîne scandinave, Vlasat Film va appliquer le test sur ses diffusions, de même que des cinémas du Royaume-Uni, de France, d'Irlande, des Etats-Unis. Une loi pourrait systématiser le test en Suède. La vitesse avec laquelle se met en marche cette petite révolution surprend même les instigateurs-trices. Mais il y a un "mais".

Différentes critiques se font entendre: certains parlent de censure face à un cadre "moral" d'autres issus des milieux féministes mettent en garde contre la bicatégorisation de genre qu'engendre le test lui-même. Quid des autres minorités? Quid de la diversité? Le test n'aurait rien de scientifique selon certains universitaires. D'ailleurs des films de féministes ne passent pas le test, notamment ceux de Marguerite Duras, Chantal Akerman… Alors qui décrochera le label?