updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Uber et la sécurité des passagères

Pour Uber, le service de voitures avec chauffeurs, les déboires s’accumulent. Le développement à marche forcée se heurte à la fronde des taxis professionnels mais pas seulement. Les femmes hésiteraient désormais à monter dans la voiture d’inconnus qui s’improvisent chauffeurs. Après la publication par des utilisatrices du service sur Twitter de preuves de harcèlement de la part de leur chauffeur et surtout après le viol de l’une d’elle à New Delhi, la firme de San Francisco envisage la création d’un «bouton de panique» censé redonner confiance aux clientes.

Ce dispositif de sécurité inclus dans l’application pour smartphone d’Uber permettrait de donner l’alerte «d’une simple pression en cas d’urgence» selon le communiqué de la société, qui a mis en place une équipe pour gérer 24h/24 le déclenchement de cette alarme par les clientes et pour prévenir la police. Et pour conforter ce sentiment de sécurité, les utilisatrices pourront également partager, en temps réel, les détails de leur trajet et de leur localisation avec cinq personnes de leur entourage.

Pour autant, ce dispositif ne devrait être appliqué qu’en Inde. La société Uber y est opposée pour les autres pays sous prétexte que ces boutons de panique pourraient «semer la confusion, mais elle permettra aux chauffeurs indépendants d’en installer avec quelques conditions». Quid de la sécurité des passagères alors ? Est-elle négociable ? Le marketing de l’entreprise l’a dès le départ érigée comme une valeur ajoutée au service…  A croire que les femmes exagèrent sur ce point. Uber explique surtout que de fausses rumeurs circulent à propos de son service en Inde principalement. Dans ce pays pourtant, son protocole de sécurité pour les femmes serait irréprochable puisque les antécédents des chauffeurs sont systématiquement vérifiés et vont même au-delà des standards de certification exigés par les autorités de transport indiennes.

Uber n’est pas à une contradiction près, puisque dans l’enquête sur le viol de New Delhi, un policier avait critiqué l’attitude d’Uber, indiquant qu’aucun GPS n’avait été installé dans la voiture et qu’aucune vérification n’avait été faite sur le passé du chauffeur par la compagnie. A l’époque, Uber avait affirmé avoir respecté la réglementation en vigueur à New Delhi, arguant du fait que la vérification du passé du chauffeur «ne figure pas dans les programmes de transport commercial agrémenté», selon un communiqué de son directeur général Travis Kalanick.

Si Uber reste interdite à New Delhi et Bombay, la start-up est présente dans 51 pays et 253 villes dans le monde.

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