updated 9:44 AM CEST, May 9, 2017

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Harcèlement, le rapport qui fait mal

 

Coup de tonnerre en France avec la publication hier du rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) : si deux tiers des usagers des transports publics sont des femmes, 100% d’entre elles ont été victimes de harcèlement sexiste ou de violences sexuelles.

Les auteur-e-s du rapport ont été les premier-e-s surpris-e-s. Le phénomène est massif et presque banal. Et c’est bien là le problème. Au point que les femmes ont élaboré, consciemment ou non des stratégies de défense. Pour les unes, pas question de porter des robes ou des jupes dans les transports en commun, pour d’autres pas de métro le soir. Comme le remarque la présidente du HCEfh, Danielle Bousquet, «ces violences entravent la libre circulation des femmes qui sont contraintes de s’adapter à ce système machiste. On leur refuse le droit d’être librement dans l’espace public». Ce que souligne en outre le rapport, c’est l’impact de ces comportements sexistes : «Ce phénomène provoque largement et régulièrement des états de peur, de stress, de colère ou d’impuissance, qui constituent une réelle pression psychologique voire physique. Cela entretient un sentiment d’insécurité et peut avoir des conséquences en termes de comportements ou de santé».

Quelles solutions préconie le HCEfh ? L’arsenal pénal existe déjà en France. Un homme qui traite une femme de «salope» encourt jusqu’à six mois de prison et 22 500 euros d’amende. Pareil pour une main aux fesses, qualifiée d’agression sexuelle punissable de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Sauf que les femmes portent rarement  plainte. Il existe des patrouilles de police dans le métro qui traquent spécifiquement ces agresseurs et qui travaillent sur le flagrant délit, mais c’est une goutte d’eau au regard  d’un problème de société.

Il s’agit de viser plus large. Le Haut conseil à l’égalité hommes femmes propose donc de mettre en place un grand plan d’action national intitulé «Stop au harcèlement sexiste et aux violences sexuelles sur toute la ligne». En premier lieu, une grande enquête auprès des femmes devrait être menée afin de mieux cerner le problème. Puis de s’inspirer des exemples canadiens en matière de sécurité comme la mise en place de bornes d’urgence sur les quais ou d’arrêts à la demande. Un numéro d’alerte pourrait également voir le jour avec la possibilité d’y envoyer un SMS en cas d’urgence. La toute première mesure devrait être l’éducation et l’information à travers des campagnes dans les transports en commun. Le collectif Stop Harcèlement de Rue vient d’ailleurs d’en créer une qui reprend les codes des publicités contre les incivilités dans le métro parisien.