updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Un gag, selon Rémi Gaillard

Rémi Gaillard n’en est pas à son coup d’essai. Dans sa dernière vidéo intitulée Dog vue plus de 3.5 millions de fois, il atteint des sommets en mimant une agression sexuelle ce qui a fait monter au créneau les féministes. Depuis le débat enflamme la Toile.

Postée vendredi dernier sur YouTube, la vidéo de sept secondes montre l’humoriste déguisé en chien au meilleur de sa forme. Pour soi-disant dénoncer l’abandon des animaux en été, il se comporte comme un chien Filmé en caméra cachée, il apporte un bâton à un golfeur, interrompt des joueurs de frisbee et simule un acte sexuel avec une femme allongée sur la plage.
Pour de nombreuses féministes qui ont réagi à la publication de la vidéo, mimer un acte sexuel en touchant le corps d’une femme par surprise, constitue une agression sexuelle. En droit français, «constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise». Et dans ce cas, il n’y a pas besoin d’une plainte de la victime pour ouvrir une enquête. Sauf que les condamnations sont rares, parce qu’il faut prouver que l’agresseur avait l’intention d’agresser.

Ce que montre cette vidéo lamentable c’est que mimer une levrette sur une inconnue passe pour un gag. Et s’il est manifeste que les hommes et les femmes réagissent différemment face au pseudo humoriste, c’est sans doute qu’ils/elles ne se sentent pas menacé-e-s de la même manière. Si les gags face aux hommes sont plutôt ludiques, ceux face aux femmes sont à connotation sexuelle. Dans notre société, les filles sont éduquées dans la culture du viol, dans la peur d’être agressées. Pourquoi ? La banalisation des représentations des agressions sexuelles à l’instar des gags de Rémi Gaillard ne fait que renforcer cette peur. C’est rappeler aux femmes qu’elles sont vulnérables, qu’elles sont des proies offertes et consommables, peu importe leur consentement.

La journaliste Audrey Pulvar a habilement réa tandis que "l’humoriste" tentait de se défendre en disant que «la vidéo Dog provoque un tollé dans certaines presses ou je suis accusé de 'banaliser les agressions sexuelles' (Le message contre la maltraitance des animaux étant complètement esquivé). Je suis désolé car ce n'est pas le but et je ne veux pas rentrer dans la polémique en répondant, notamment, aux nouvelles insultes d'Audrey Pulvar». Selon lui, «les gens intelligents connaissent la vraie version de l'histoire. Mon message est détourné par les féministes pour faire parler d'elles».


On se souvient de sa vidéo Free Sex sur laquelle il simule, en jouant sur la perspective, des actes sexuels sur des gens, principalement des femmes, qui avait déjà créé la polémique. Celui dont la devise se résume à «c’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui» est définitivement raccord avec son personnage.

 

Photo © Capture d'écran YouTube/ Rémi Gaillard