updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Guillaume Tell sifflé à Londres



La scène de viol lors de la première de l’opéra de Rossini à Covent Garden a provoqué lundi soir de vives réactions parmi le public. Si la direction du Royal Opera House tente depuis de minimiser l’incident et de calmer les esprits, le metteur en scène refuse de modifier quoi que ce soit à sa création.

Ce n’était certes pas dans l’œuvre originale imaginée par Rossini en 1829 mais c’est ce qu’a voulu le metteur en scène italien Damiano Michieletto qui souhaitait révéler la vérité sur ce qu’avaient vécu les femmes suisses au contact des armées autrichiennes. En ajoutant cette scène de viol à la production, il est persuadé qu’il colle à la réalité historique. L’actrice qui ne fait pas partie de la troupe des chanteurs-euses est donc agressée sur scène par le groupe d’officiers autrichiens.

Après les huées et les sifflets, si certains des chanteurs-euses ont été les premier-e-s surpris-e-s, ils ont à leur tour réagi. Le tenor John Osborn qui joue Guillaume Tell estime pour sa part que «la scène était peut-être un peu plus longue qu’elle n’aurait dû mais c’est arrivé et je pense que c’est un élément qu’il faut utiliser pour montrer à quel point ces gens (les militaires autrichiens, ndlr) ont été horribles lorsqu’ils ont occupé la ville». Pour le public et la critique, cette scène est inutile et constitue de la violence gratuite. Les réseaux sociaux se sont d’ores et déjà emparés du sujet et ne tarissent pas sur la pauvreté créative de la représentation.

Pas de rappel donc pour Damiano Michieletto qui déclare à ses détracteurs-trices : «Si vous ne supportez pas de voir la brutalité, la souffrance que ces gens ont dû subir, si vous voulez la cacher, tout devient lisse, ça s’adresse alors aux enfants». Ses fans arguent qu’on voit bien pire à la télé. Ah bon alors tout va bien dans le meilleur des mondes !

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