updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

ailleurs

La fin de la taxe tampon?

La baisse de la taxe tampon votée par le Sénat en France ne signifie pas pour autant la victoire définitive selon les féministes. Malgré la période particulière, les activistes parisiennes ne veulent pas renoncer à leur combat.

Alors que les député-e-s avaient écarté un amendement visant à baisser la taxe sur les tampons et les protections hygiéniques (actuellement de 20%), samedi, les sénateurs-trices ont voté la réduction de cette TVA à 5,5%. Il faut dire que les activistes féministes avaient mis le paquet envoyant des centaines de sous-vêtements tachés de sang aux parlementaires mais également aux ministres du gouvernement. Le 11 novembre, elles s’étaient rassemblées à Paris pour faire entendre leur voix bien décidées à ne rien lâcher sur la suite à donner.

Les attaques sur Paris ont certes mis un frein à l’élan des féministes qui se sont faites rappeler à l’ordre par certains politiciens conservateurs saisissant l’occasion du deuil national pour leur signifier l’indécence de leur combat… La période se prêtant à tous les amalgames et toutes les outrances, les activistes ont alors peut-être baissé le son mais pas la garde. A chacun-e sa manière de résister aux multiples oppressions. Et si comme l’humoriste belge Charline Vanhoenacker le remarquait ce matin sur France Inter à propos de ses compatriotes, « pour éviter les attentats, nous on arrête de vivre », d’autres choisissent en effet le silence et le repli. Les Français-es semblent au contraire vouloir continuer à sortir et à s’exprimer. Et les féministes d’Osez le féminisme ! et de Georgette Sand notamment continuent à twitter et à maintenir la pression sur les parlementaires.

Pour pouvoir entrer en vigueur, le texte revu doit encore être approuvé par l’Assemblée nationale lors de la deuxième lecture du projet de loi de finances. La Ministre de la santé Marisol Touraine dit être « favorable à une évolution de la TVA sur les produits d’hygiène féminine ». Les associations restent vigilantes.

 

Photo, manif du 11 novembre au Châtelet à Paris

 

Quatre femmes tuées en 48 heures

Suite à la marche de samedi dernier à Madrid contre les violences faites aux femmes, quatre nouvelles victimes sont à déplorer. Ces assassinats commis en l’espace de 48 heures obligent les autorités à trouver de nouvelles pistes afin de lutter contre une violence de genre endémique en Espagne.

Les 400 organisations féministes à l’initiative de la marche du #7Nfeminista à Madrid pensaient pourtant faire bouger les choses. Les quelque 500'000 participant-e-s (plusieurs dizaines de milliers selon la police) qui avaient relié le Paseo del Prado à la Plaza de España réclamaient un «pacte d’Etat» pour traiter la violence de genre. Profitant de la campagne électorale avant les législatives du 20 décembre, les associations féministes ont réussi à attirer les candidats de plusieurs partis politiques dont le socialiste Pedro Sanchez et Pablo Iglesias de Podemos. Le premier a même rappelé que juste après son élection à la tête du PSOE, il avait visité un foyer de femmes victimes de violences conjugales et qu’il se joignait à la marche pour «honorer la mémoire de 800 femmes assassinées mais également des enfants restés orphelins suite à cela ou tués par le conjoint ou l’ex-conjoint de leur mère». Pablo Iglesias a fustigé pour sa part les coupes dans les budgets consacrés à la lutte contre les violences faites aux femmes. Les partis de droite ont été contraints de se positionner eux aussi, la problématique s’inscrivant dans les agendas de chaque candidat-e.

D’autant plus qu’à peine les dernières banderoles pliées, la liste des victimes s’allonge. Le lendemain, une femme était tuée à Cordoue, deux à Valence et une autre à Vigo. Suzana Diaz, la présidente de la communauté autonome d’Andalousie qui participait hier au Congrès pour l’étude des violences faites aux femmes à Séville a parlé de «dimanche tragique» et de «terrorisme machiste» pour qualifier ces crimes. Face au problème, elle a prôné la prévention et l’éducation insistant sur le caractère urgent des réponses à donner. L’Espagne jusque-là citée en exemple par le Conseil de l’Europe, avec l’adoption dès 2004 d’une loi contre les violences faites aux femmes, doit revoir son modèle. Force est de constater que l’arsenal mis en place, tel que le numéro de téléphone d’urgence qui n’apparaît pas dans la facture de téléphone, l’assistance juridique gratuite, les mesures d’éloignement ou les foyers d’accueil pour les victimes ne suffisent pas à empêcher les passages à l’acte des compagnons violents. Face aux drames à répétition, les responsables politiques sont forcé-e-s de prendre en compte les revendications vitales des femmes espagnoles, les féministes étant, de leur côté, bien décidées à ne rien lâcher sur le sujet.

Photo, Twitter #7NFeminista

Est-ce un viol?

Bien que le nouveau programme de la chaîne anglaise BBC3 "Is This Rape ? Sex on Trials” ne soit pas encore lancé, il fait déjà polémique. En effet, les spectateurs-trices doivent se prononcer après avoir visionné une scène montrant un rapport sexuel fictif : était-ce consenti ou non ? 24 adolescent-e-s des deux sexes présent-e-s sur le plateau de l’émission devront voter sur ce qu’ils ont vu, tout comme les gens derrière leur écran de télévision… ceci afin de «créer le débat et traiter le sujet avec sensibilité» selon les termes de la BBC.

La chaîne explique que «les études ont montré que la notion de consentement reste très floue pour les jeunes Britanniques, qu’ils/elles connaissent mal les lois autour du sujet». Le concept de l’émission a donc avant tout une vocation pédagogique. Il est prévu qu’un avocat explique en direct les conséquences légales pour que le public et en particulier les jeunes comprennent le consentement du point de vue de la loi. Le porte-parole de la BBC a précisé que «suggérer que nous laisserons le public mal informé, sans avoir vu le programme, c'est faire fausse route. Les agressions sexuelles sont un vrai problème chez les jeunes et nous n’éluderons pas les questions qu'il soulève».

Les associations de victimes sont immédiatement montées au créneau. Si elles estiment que le débat peut être utile, en revanche elles dénoncent ce système de vote qui peut être vécu comme une nouvelle forme de procès de la part des victimes induisant chez elles «un effet dissuasif dans leur démarche pour chercher du soutien», selon Katie Russell, porte-parole de l’association Rape Crisis. Surtout, le mélange fiction-réalité que risque d’engendrer ce programme fait craindre aux associations une confusion plus grande dans l’esprit des jeunes. En outre, le simple fait de poser la question "Est-ce un viol?" instille un doute qui est dommageable pour les victimes.

Le jeune présentateur Will Best assure de son côté que cela est l’occasion d’entamer un vrai travail auprès des jeunes sur un sujet délicat. Pour l’instant, la chaîne dit qu’il n’y aura qu’une seule émission de ce type.

Photo BBC

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