updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Vinila von Bismarck

Icône burlesque à la pointe

 

A l’heure où le Burlesque redresse du téton, que ce soit dans la Tournée de Mathieu Amalric, le Burlesquede Steven Antin avec Cher et Christina Aguilera, ou version olive pasteurisée dans le martini géant de Dita von Teese, rencontre avec l’égérie espagnole du genre.

 

Née Irene Lòpez Mañas dans le village granadin de Peligros (« dangers » en français !), Vinila von Bismark promène depuis l’adolescence ses multiples talents de théatres alternatifs en discothéques trendy, et de bars louches en émissions bien vues. Blonde aux platines, bombe sur papier couché, elle explose littéralement sur scène, comme portée par l’esprit conquérant de ses prédécesseuresl. Comment cette « Reina del Burlesque » se situe-t-elle par rapport au féminisme ? Présentation, et réponses.

Vinila Von Bismark, comment-vous définiriez-vous ?

Je me définis comme une artiste pluridisciplinaire : chanteuse, djette, artiste de Burlesque… très travailleuse et désireuse de faire connaître son art. Mais je me définis avant tout comme une femme libre, qui s’est battue pour le rester, autant dans l’expression de son art, que dans ses relations amoureuses.

Comment avez-vous choisi votre nom de scène ?

Depuis petite je suis fan de vinyl, d’où le « Vinila ». Le « Von Bismark » provient de ma passion pour l’esthétique allemande de l’entre-deux-guerres, si élégante, martiale, pleine de panache, et du cabaret berlinois.

Qu’est-ce qui vous a attiré au Burlesque ?

Ce sont les femmes exubérantes de l’époque, celles qui ont marqué les débuts du genre, leur féminité extrême. Leur façon si élégante de se moquer du monde à travers leurs spectacles. Et aussi le fait de pouvoir m’exprimer avec une liberté totale.

Voyez-vous le Burlesque comme un mode d’expression féministe ? Ou plutôt comme une façon de subvertir les normes sociales de tous genres ?

Pour moi, le Burlesque est l’expression maximum du pouvoir de la femme à travers la chair et le désir, qui s’employait et s’emploie toujours à subvertir les normes ou rire des classes supérieures.

Quelle est votre relation au féminisme ?

J’ai 24 ans, et le féminisme qui me touche est celui de notre époque, cet ’élan féministe plus contemporain qui nous permet de mener l’existence que nous avons choisie. Je suis DJ depuis que j’ai 14 ans, j’ai travaillé avec des troupes d’art-performance et de théâtre alternatif et j’ai dû, depuis très jeune, affronter des attitudes machistes dignes de l’âge des cavernes ! Mais grace à mes principes et à la force de mes convictions j’ai réussi à m’imposer. Je suis la patronne de ma propre vie !

Quelles sont les personnes qui vous ont le plus influencé ?

Mes influences vont de Candy Barr à Johnny Cash en passant par Mamie Van Doren, Marlène Dietrich et Joséphine Baker.

Votre public de Burlesque est-il le même que celui de vos concerts ?

Le public qui me suit dans ma carrière musicale connaît mes interprétations burlesques, mais il est aussi très ouvert à d’autres genres, ce n’est pas un public « spécialisé », il est plutôt éclectique. (n.d.l.r, cf article « Vinila de Noche »).

Une dernière question : vous vous êtes produite comme DJ à Berlin tout récemment, à quand Vinila « on the road » à travers la Suisse ?

Après mes performances à Berlin, en Lituanie et en France, j’adorerais monter sur scène en Suisse ! J’attends vos propositions…

Interview et adaptation française :

Leo Williams

Liens:

www.vinilavonbismark.com / Vinila Von Bismark and The Lucky Dados, The Secret Carnival CD, 2010 Subterfuge Records