updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Femen: Amina quitte ses amies

Dans une interview accordée au HuffPost Maghreb, Amina Sboui, la jeune Tunisienne qui avait été condamnée pour avoir tagué le mot Femen sur le mur d'un cimetière, annonce qu'elle quitte le mouvement. La première raison qu'elle donne concernerait l'origine du financement des Femen. Elle dit ne pas vouloir "être dans un mouvement où il y a de l’argent douteux. Et si c’était Israël qui finançait ?". Seconde raison, l'islamophobie. Amina Sboui ne veut pas que son "nom soit associé à une organisation islamophobe". Cette critique récurrente à l'encontre des Femen s'explique selon la jeune Tunisienne par le fait que les militantes sextrêmistes, comme elles se définissent, avaient notamment brûlé le drapeau du Tawhid (représente l'unicité divine, ndlr.) devant la mosquée de Paris au printemps dernier par solidarité avec elle. Amina Sboui explique que "cela a touché beaucoup de musulmans et beaucoup de mes proches" et s'est depuis lors distanciée leurs actions. Les Femen s'attaquent en effet régulièrement à l'islam, comme aux autres religions, qu'elles considèrent comme l'instrument du patriarcat.

De nombreuses féministes en Tunisie avaient déjà pointé du doigt la méconnaissance du contexte local qu'avaient les militantes européennes. Elles n'allaient pas jusqu'à accuser publiquement les Femen d'islamophobie mais dénonçaient plutôt une démarche post-colonialiste, en particulier lorsque trois d'entre elles, Pauline Hillier, Marguerite Stern et Josephine Markmann étaient venues manifester seins nus devant le tribunal à Tunis en scandant "Free Amina". Cette action, de l'avis même d'Amina, avait "aggravé (son) cas", puisqu'un chef d'inculpation supplémentaire avait ensuite été retenu contre elle.

Certain-e-s mettront ce brusque revirement de la jeune Tunisienne sur le compte de l'endoctrinement subi en prison. Or, celle-ci ne renonce pas à son combat féministe, bien au contraire puisqu'elle envisage d'adhérer au mouvement Feminism Attack avec une ambition affichée : changer tout le système !