updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Le succès de "je connais un violeur"



   

« Je connais un violeur »   un titre percutant pour un Tumblr efficace. Depuis sa création le 31 août dernier, plus de 1000 témoignages ont été postés sur ce  Tumblr, qui permet aux victimes de viols de s'exprimer, en faisant le portrait de leur violeur. Et les témoignages ne cessent d'affluer au fils des jours. À tel point que Pauline, militante féministe à l'origine du Tumblr, a dû demander de l'aide pour la modération et malgré cela, des centaines de messages sont en attente de traitement. Ce triste succès montre un véritable besoin de la part des victimes de s'exprimer sur le sujet.

Pour la psychiatre Muriel Salmona, auteure du Livre noir des violences sexuelles, «Ce partage est en soi thérapeutique. (…) quel soulagement pour ces victimes de savoir qu'elles ne sont pas les seules à n'avoir pas pu parler, qu'elles ne sont pas les seules à être confrontées à l'incrédulité de leur entourage, à avoir tout oublié pendant des années, à avoir des doutes.» Dans un article paru sur le Plus du nouvel Obs, la psychiatre souligne l'utilité de cette initiative. 

«Je voulais montrer que le violeur n'est pas le type louche qui se terre dans un parking ou au coin d'une ruelle», souligne Pauline, militante féministe à l'origine du Tumblr. Au fil des témoignages anonymes, on découvre avec effroi les différents portraits du violeur, faits par sa victime. En effet, les statistiques nous rappellent que dans 80 % des viols, l'agresseur est connu de la victime, et dans 67 % des cas, le viol a lieu au domicile de la victime ou de l'agresseur. De témoignage en témoignage, le profil de l'agresseur se dessine. Chaque année, 75'000 femmes adultes seraient victimes de viol en France, mais moins de 10 % des viols mènent à une plainte et on estime que seulement 2 % des violeurs sont condamnés.
   

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