updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

TransScreen, un genre de festival

Amsterdam vient de clore la troisième édition de TransScreen, le plus grand festival de films transgenres en Europe. Ce rendez-vous incontournable organisé tous les deux ans par une poignée de bénévoles propose une programmation riche et diverse consacrée à la culture et aux identités trans*.

Si les organisateurs-trices veulent avant tout sensibiliser le public, ils/elles envisagent TransScreen comme «un événement au cours duquel la diversité (trans)genre est la norme. C’est un espace où chacun-e peut être soi-même dans un environnement sûr. Quelle que soit  son orientation de genre ou sa préférence sexuelle». En ce sens, l’équipe de militant-e-s qui assure l’intendance explique que le festival a clairement une «mission sociale» et d’ailleurs, des rencontres sont organisées avant le lancement officiel du festival pour permettre aux personnes trans* de se retrouver, d’échanger et de créer des liens privilégiés. Les personnes trans* qui fréquentent le festival apprécient ces moments en dehors de la communauté LGBT, qui selon elles, est trop souvent accaparée par les hommes gays. TransScreen apparaît comme une respiration.

Le challenge de l’aveu même des programmateurs-trices tient à la difficulté de restituer au mieux la multiplicité des expériences et des points de vue trans*. C’est en partie pour cette raison que les documentaires ont pris le pas sur les fictions cette année. Et l’idée d’élargir les représentations et les réalités a conduit l’équipe à ouvrir la sélection aux productions venues des pays du Sud et de l’Est plutôt que de s’en tenir aux Anglo-Saxonnes. Et comme il faut faire un choix, deux thématiques ont été privilégiées, à savoir la transparentalité et les travaileurs-euses du sexe.

En ouverture, c’est le film hawaïen de Dean Hamer et Joe Wilson Kumu Hina, qui raconte la vie d’Hina Wong-Kalu, professeure à Honolulu. Dans son rôle de passeuse des traditions hawaiiennes aux plus jeunes, Hina ranime la symbolique sacrée des māhū (personnes transgenres) avant l’arrivée des missionnaires chrétiens, et les valeurs ancestrales de l’aloha : amour, honneur et respect pour tous.

La série documentaire My genderation donne quant à elle un aperçu du vécu collectif et individuel de personnes trans*. Le projet réalisé par des trans* s’adresse au grand public. A noter l’excellent Kate Bornstein is a queer and pleasant danger  de Sam Feder qui se définit comme trans-gouine, polyamoureuse SM entre autres délices.

Pour celles et ceux qui auraient manqué cette édition, il vous faudra patienter jusqu’en 2017.