updated 9:44 AM CEST, May 9, 2017

Vessy. Encore une grève des femmes.

Une partie du personnel de l'EMS de la Maison de Vessy, en majorité des femmes, est en grève depuis le 7 mars. Des aides-soignantes, des femmes de ménage, du personnel hôtelier, des lingères, des animatrices, des infirmières se sont dressé-e-s contre leur employeur pour exiger respect et dignité.

Depuis des années en effet, les employé-e-s de l'EMS voient leur charge de travail augmenter et leurs conditions de travail se détériorer. Outre les différentes attaques sur le statut de la fonction publique, le personnel de Vessy, qui est un établissement public médico-social, ne reçoit pas la prime EPM pourtant accordée à tous les autres. Ni la prime de Gériatrie destinée à compenser la pénibilité de ce travail, versée à tous les employé-e-s des établissements publics s'occupant de personnes âgées...

Car les grévistes se battent pour améliorer non seulement leurs conditions de travail mais aussi les prestations aux personnes âgées. Il y a quelques années, 1.2 postes de travail étaient prévus par résident-e. Ce chiffre est aujourd'hui tombé à 1 poste par résident-e, soit 20% de moins de force de travail et d'encadrement. Et la politique annoncée irait encore vers de nouvelles restrictions au détriment des prestations aux aîné-e-s. Cette politique du personnel se fait au mépris total de l'initiative «Pour une meilleure prise en charge des personnes âgées en EMS» pourtant acceptée à Genève en votation populaire en 2007 et censée améliorer la dotation en personnel de la Maison de Vessy.

C'est dans un contexte déjà tendu que la direction, début 2011 et sans concertation avec le personnel, a décidé de faire payer les parkings jusqu'alors gratuits à hauteur de 86.40 francs par mois. La direction justifie l'abandon de la gratuité par la mise en place d'un plan mobilité visant à favoriser la mobilité douce. Or, les transports jusqu'à l'EMS étant limités (pas de navettes et très peu de bus), les employé-e-s sont obligé-e-s de se rendre sur leur lieu de travail au moyen de leur véhicule privé. Le prix de la location du parking constitue notamment pour les plus bas salaires une ponction importante sur le revenu. Cette décision a cristallisé le mécontentement des employé-e-s qui se sont mis en grève. Les grèvistes demandent la création d’une commission paritaire pour que l’avis du personnel soit pris en compte et le retour à la gratuité des parkings en attendant la concrétisation d’un plan global de mobilité afin d’avoir des bus aux heures tardives et matinales.

La tentative de médiation a échoué, entre autres,  parce que le Syndicat des services publics qui soutient les grévistes conteste la compétence de la Chambre des relations collectives de travail (CRCT) pour mener ce type de conciliation dans le secteur public. Néanmoins, le conseil d'administration de l'EMS a lui accepté les propositions de la CRCT et parmi elles, le prix du parking qui passerait de 86.40 à 36 francs par mois, soit le coût d'un abonnement TPG subventionné par l'EMS...

Les grévistes continuent leur mouvement tant qu'ils estiment ne pas avoir pas été entendus.