updated 9:44 AM CEST, May 9, 2017

Kirikou et les hommes et les femmes

Une publicité sexiste au contenu explicite diffusée avant le film pour enfants provoque l'indignation de parents. Le cinéma Rialto de Genève n'adapte pas forcément ses écrans publicitaires à son public et du coup, celui-ci a visionné un spot inapproprié.

On ne pouvait rêver mieux comme titre ! Du film à vrai dire, nous n'en avons rien à dire puisque nous ne l'avons pas vu. Par contre, nous avons vu et revu l'une des publicités qui passent juste avant la projection dudit film: celle de la Fiat 500. Outre le fait, une fois n'est pas coutume, qu'une bombasse soit convoquée pour vendre un tas de ferraille, nous avons droit aux pires clichés pornographiques (la crème du cappuccino, le doigt qu'elle lèche, qu'il lèche, etc. etc.), éculés et ringards. Certes, il y a très peu de chances que des enfants de six ans comprennent toute la subtilité des références cinématographiques des concepteurs du story-board incriminé. Par contre,  il est clair que ce genre de représentations du féminin et du masculin influeront sur leur rapport aux autres et leur construction identitaire.

D'où la colère de parents qui veulent transmettre d'autres valeurs à leurs enfants. Et qui ont décidé de réagir en alertant les médias et le SPPE de Genève. Interrogée, la direction du Rialto, nous a redirigés vers la régie publicitaire Publicitas qui par la voix d'un responsable, Monsieur David Noth, estime que "Publicitas Cinecom est tenue de contrôler les aspects légaux de la diffusion de la publicité et ne peut pas être l'instance morale pour les clients des entreprises publicitaires". En gros, si sexisme il y a dans une publicité, ni le cinéma ni la régie publicitaire n'en sont responsables. Pour eux, il s'agit d'une question morale. Etrange, nous qui croyions que l'égalité était inscrite dans la Constitution fédérale (Article 8, alinéa 3) ?

Et là, nous chipotons, mais lors de la 7ème Conférence du Conseil de l'Europe des ministres responsables de l'Égalité qui s'est tenue en 2010 à Bakou,  la résolution et le plan d'action mettaient l'accent sur la lutte contre les stéréotypes de genre dans les médias et dans l'éducation. Et là, nous disons: le cas Fiat-Kirikou entre pile-poil dans la problématique. Et là, nous attendons que le bureau fédéral de l'égalité déploie son plan d'action.

L'autre solution, c'est la grève des cinés tant que les parents ne seront pas informés des contenus des différentes bandes-annonces et autres écrans pubs programmés avant le film.

Photo DR, extraite du spot publicitaire