updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Avortement, tous concernés!

La mobilisation en faveur de l'avortement libre et gratuit a pris un nouvel élan. Hommes et femmes se retrouvent pour soutenir la loi en vigueur. Rina Nissim, membre du comité ALG rappelle l'importance de voter non le 9 février prochain.

l'émiliE: On a vu pas mal de jeunes aux manifs du 18 janvier à Genève et Lausanne. Le droit à l'avortement ne concerne donc pas seulement les féministes historiques?
Rina Nissim: En effet, les jeunes générations réalisent avec effroi que rien n'est acquis et qu'il va falloir lutter pour conserver ses droits, dont celui d'avorter. Elles militent d'une façon différente de nous, davantage dans la mixité. Leur présence déterminée à Neuchâtel, comme à Lausanne ou Genève est encourageante.

Vous vous mobilisez aussi pour les Espagnoles qui sont en train de perdre ce droit. Quel est votre sentiment sur ce qui se passe en Europe autour de l'IVG?
Le problème est international, l'extrême droite et les catholiques intégristes essaient d'avancer partout, contre l'avortement, contre les libertés sexuelles ou pour revenir à une forme patriarcale de la société. Sur la question de l'avortement, ils utilisent toujours les même arguments mensongers et photos truquées. Il faut leur résiter globalement et la solidarité internationale est très importante dans cette lutte.

Le non-remboursement, est-ce la première étape du démantèlement de ce droit?
En Suisse, la solution des délais ayant été adoptée en 2002 à plus de 70%, ils leur était difficile d'attaquer ce droit de front. Parmi les manoeuvres possibles, ils s'attaquent aussi à la définition du début de la vie pour soi-disant la protéger. Il y a une autre initiative en Suisse pour laquelle ils recherchent le nombre de signatures nécessaires qui interdirait aussi l'usage des cellules souches. Dans chaque pays, ils font de même. La question est de leur tenir tête, fermement.

Ceux qui combattent l'avortement contestent la notion même de droit. Que répondez-vous?
Nous vivons dans des Etats de droit et il est impensable que l'embryon en ait davantage que la mère. S'ils veulent vivre avec de droit divin, grand bien leur fasse, mais il ne peuvent l'imposer à toute la société.

Vous êtes confiante dans le résultat des urnes? Un pronostic?
L'initiative ne va vraisemblablement pas passer, mais il faudrait que le pourcentage soit très large pour les décourager de recommencer et décourager le public à leur donner des signatures pour de nouvelles initiatives. Cela dit, en zone rurale, il faut encore mieux faire connaître notre point de vue. D'où l'importance de l'affichage au niveau national.

Plus d'infos ici et faites vos dons pour la campagne au CCP 12-13140-3 (mention campagne avortement)

Photo Manifestation du 18 janvier 2014 à Genève