updated 9:44 AM CEST, May 9, 2017

Lutte contre la LGBTphobie à l'affiche

A l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai, la Ville de Genève propose, pour la deuxième année, une campagne d’affichage pour sensibiliser les Genevois-es aux discriminations en lien avec l’orientation sexuelle et l’identité de genre et valoriser l’action des associations dans ce domaine. L'initiative est certes louable, mais on peut se demander si une campagne d'affichage classique n'est pas trop légère pour faire évoluer les mentalités sur ces problématiques.


Comme le rappelle le communiqué de presse de la Ville, le 17 mai 1990, l’Organisation mondiale de la santé retirait l’homosexualité de sa liste des maladies mentales. La Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, célébrée aujourd’hui dans plus de 60 pays, commémore cet évènement. Elle permet de rappeler que, dans le monde, 74 États condamnent encore l’homosexualité et 7 la punissent de mort. En Suisse, malgré l’évolution des mentalités et les progrès obtenus dans la reconnaissance des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT), les discriminations subsistent. Dans le cadre scolaire, professionnel ou familial, lors d’activités sportives et de loisirs, dans la rue, sur Internet, les personnes LGBT doivent encore trop souvent faire face aux moqueries, à la mise à l’écart, au mépris, voire aux violences verbales et physiques.

Pour la deuxième année, le Pôle Egalité-Diversité du Service Agenda 21–Ville durable lance, à l’occasion du 17 mai, une campagne d’affichage pour sensibiliser les Genevois-es à l’homophobie et la transphobie,  La campagne 2014 questionne les discriminations au travail. On peut néanmoins s'interroger sur l'efficacité et l'impact de ces affiches. Le public n'est-il pas déjà trop sollicité pour comprendre un concept et ces visuels ? Le message n'est-il pas trop compliqué ? A qui s'adresse-t-il ? Aux hétéros ? Aux personnes LGBT ? Le slogan "Quand on est lesbienne/gay/trans, être soi au travail ne va pas forcément de soi" n'incite pas le/la Genevois-e hétérosexuel-le blanc/che à s'identifier au propos. Rien de direct en tous cas ni de très interpellant pour le grand public. De leur côté, les personnes LGBT expérimentent depuis bien longtemps les discriminations au travail et savent à quel point être qui ils/elles sont dans ce contexte ne va pas de soi…

Alors malgré le volontarisme affiché par la Ville, il n'est pas sûr que la campagne atteigne sa cible. «L’homophobie et la transphobie au travail sont une réalité, elles doivent être prises au sérieux et cesser d’être un tabou. L’entreprise, qu’elle soit privée ou publique, doit veiller à assurer un climat de confiance qui permette à chaque employé-e de s’épanouir, quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre», explique la Maire de Genève et Magistrate en charge des Ressources Humaines, Madame Sandrine Salerno. Très bien, mais alors pourquoi ne pas privilégier les actions sur le terrain comme ce que fait la Ville en tant qu’employeur, avec l'évaluation de sa propre politique RH en la matière et la mise en place d'un programme de sensibilisation de son personnel sur ce thème. Dommage que le budget utilisé pour cette communication institutionnelle qui ne dit pas son nom n'ait pas été consacré à des projets plus concrets, plus aptes à faire bouger le point de vue du grand public.