updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

Miss Suisse, ton univers impitoyable

Comme tous les ans, l'élection de Miss Suisse donne lieu à des polémiques ou au minimum à des commentaires. Cette fois, les jeunes socialistes sont passés à l'action et ont bruyamment manifesté en marge du concours pour dénoncer la sexualisation du corps féminin et le sexisme véhiculé par ce type d'événement.

Les médias l'ont largement commenté : c'est une Romande qui a remporté le gros lot face à onze prétendantes. Laetitia Guarino de Froideville (VD) est la nouvelle reine de beauté. Il faut dire que le show était à la hauteur de l'enjeu : une retransmission en direct sur deux chaînes de télé, un dôme transparent de 70 mètres de long sur la Place fédérale à Berne, un tapis rouge, du champagne, les organisateurs avaient vu grand. Même le jury était de classe internationale, composé d'un prince (Emmanuel Philibert de Savoie), d'une fille de (Jade Jagger) et d'une reine du disco (Amanda Lear), rien que de beau monde. Bref, tout se déroulait normalement dans la plus pure tradition des élections de miss...

...jusqu'à ce qu'une centaine de trouble-fête féministes et gauchistes viennent tout gâcher en criant des slogans hostiles du style "Sexistische Kommerz-Scheisse" ou "Frauen Zoo" et autres tournures olé-olé. Bon mais pas de quoi faire la révolution. Pourtant des fourgons de police ont brusquement surgi pour neutraliser ces dangereux activistes qui, selon les témoins sur place, ont été plaqués au mur, menottés et embarqués. Au total, vingt personnes auraient été interpellées parmi lesquels neuf jeunes socialistes qui avaient appelé à manifester. Les militant-e-s ont par la suite déclaré que leur arrestation était disproportionnée par rapport à leur action pacifique et la conseillère nationale verte Aline Trede, invitée pour la cérémonie de Miss Suisse et témoin de la scène, s'est dite "choquée". "En un lieu si politique, chaque opinion doit avoir sa place" a-t-elle conclu. Vraiment?

Photo, Junge Alternative Bern