updated 6:42 PM CET, Dec 5, 2016

La réorganisation du BPE en marche

Le projet de réunir le Bureau de la Promotion de l’Egalité entre femmes et hommes (BPE) et le service du délégué aux violences domestiques évoqué lors du dernier point presse du Conseil d’Etat suscite déjà quelques remous. Pendant que partisans et adversaires s’affrontent, l’idée d’une telle entité est soumise à la consultation des institutions et associations concernées qui ont jusqu’au 6 février prochain pour faire connaître leur position.

L’annonce de cette mise en consultation faite la semaine dernière a surpris même si «cette réorganisation paraît pouvoir répondre aux recommandations émises par la Cour des comptes dans son rapport numéro 81 du mois de juillet 2014 d'évaluation de la politique de lutte contre les violences domestiques», selon les termes du communiqué. Pour autant le président du Conseil d’Etat, François Longchamp, se défend de vouloir faire des économies. Il s’agirait plutôt d’une démarche logique visant à donner plus de cohérence et d’efficacité à deux services qui traitent de thématiques proches. Actuellement, le BPE dépend du Département présidentiel tandis que le service du délégué aux violences domestiques est, lui, rattaché au Département de Pierre Maudet.

Genève a la particularité de travailler sur les problématiques des violences domestiques et de l'égalité entre femmes et hommes de façon séparée. Regrouper les services concernés au sein d’une seule et même entité participerait, selon les milieux concernés, à avoir une vision plus globale, à l’instar de ce qui se fait déjà dans les autres cantons et au niveau fédéral. Un tel rapprochement est donc souhaitable pour de nombreux acteurs sociaux.

D’un autre côté, le départ de Muriel Golay, directrice du BPE jusqu’au 31 mars 2015, laisse un vide et risque d’ouvrir une guerre de succession. Les associations craignent en outre de se voir imposer une personne qui n’aurait pas la connaissance terrain ni les compétences en la matière. La consultation trop rapide aux yeux de certain-e-s témoigne d’une précipitation qui signifie que les jeux sont faits et qu’il ne s’agit que d’un subterfuge pour masquer une nomination déjà entérinée. En bref, les grandes manœuvres.