updated 9:44 AM CEST, May 9, 2017

Mariage pour toutes

L’affaire de la bénédiction par un prêtre catholique d’un couple de lesbiennes à Bürglen n’en finit pas de rebondir au point que le bras de fer entre l’évêque de Coire Vitus Huonder et le curé Wendelin Bucheli qui refuse de démissionner révèle les tensions d’une communauté catholique divisée sur la question des personnes LGBT.

Dans un communiqué commun, la paroisse et les autorités civiles de Bürglen expriment leur soutien à Wendelin Bucheli qui souhaite rester en poste et remet en cause la décision de sa mutation à Fribourg voulue par l’évêque de Coire. Le curé espère un dialogue possible avec sa hiérarchie. Dans une interview parue aujourd’hui dans la Urner Wochenblatt, il explique  que « ce qui me touche, c’est la décision et l’attitude de l’évêque ». Il ne voit actuellement « aucune raison de partir ». En outre, il dit apprécier le soutien du conseil de la paroisse et de la population, de tous ces gens qui se dressent contre la culture de la peur.

Pour l'évêque de Coire au contraire, accorder sa bénédiction à un couple de même sexe, comme l'a fait le curé de Bürglen, n’est rien d’autre qu’une «violation de la doctrine de l'Eglise catholique». Et si sa mutation n’est pas présentée comme une sanction, elle y ressemble. Un dialogue sur le sujet de la place des homosexuel-le-s dans l'église est-il dès lors seulement envisageable ? Barbara Lanthemann, responsable du LOS, l’organisation suisse des lesbiennes, émet quelques doutes. Devant cette affaire elle se dit «profondément choquées par l'attitude de l'évêque de Coire. Nous avions contacté en son temps le président de la conférence épiscopale Markus Büchel qui n'a même pas daigné nous répondre. Nous allons renvoyer une nouvelle demande de rencontre pour aborder ce nouveau cas». Alors catholiques et homos sont-ils compatibles ? Barbara Lanthemann y croit, surtout «d’après les récentes déclarations du pape François». Sauf que si on veut bien écouter tout ce que dit le chef des catholiques, on s'aperçoit qu'il excelle dans le double discours : il adapte ses déclarations à son public et puis les mots ne mangent pas de pain. Quid des actes ?

Cette homophobie n’est pas propre à l’Eglise catholique. Barbara Lanthemann note qu’«il y a un réel problème avec les religions par rapport à l'homosexualité. Mais, poursuit-elle, il y a au sein de chaque communauté religieuse un désir d'ouverture. Le forum pour un islam progressiste tient des propos tout à fait respectueux à l'égard des personnes homosexuelles, l'Eglise protestante a entamé un véritable examen de conscience, pour nous, tout dialogue sera toujours favorable». L’essentiel est donc de garder la foi : on y croit !

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