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Livres

Au pays des vermeilles

 

 

 

Née en 1944, Noëlle Châtelet, universitaire et écrivain, vit à Paris. Elle nous livre ici le dialogue intime de deux générations qui tissent un pont magique entre hier et demain.

«Je suis grand-mère, ma mère, pour admirer le ricochet des ces petites pierres vermeilles sur l’étendue de la mémoire. Les regarder bondir. Rebondir. Je me dis : un jour, les ricochets se feront sans moi, mais la pierre que j’ai été sera de la partie.» Mano, c’est le nom créé pour la circonstance d’une situation ô combien ordinaire, que l’expression des sensations sublime au point de nous donner à tous l’envie d’être grand-mère, même à nous, les hommes. Délicatesse d’un style où la sensualité et le dynamisme expriment la noblesse d’un sens inné de la transmission. Expression d’un bonheur parfait qui ne sent pas l’ennui parce que l’émotion est reine à chaque moment d’une existence volée au couperet d’un temps qui passe trop vite.

«Tu me regardes pour savoir s’il faut rire. Je ris. Je ris parce qu’une fourmi qui tombe sur le derrière, c’est drôle.» Ce livre est un hymne à la soif de vivre ensemble, de la vieillesse à la petite enfance et inversement. A ne pas manquer.

 

 

Noëlle Châtelet

Au pays des vermeilles

 Ed. Points, 2010, 170 p.

 

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40 ans de slogans féministes, 1970-2010

 

 

 

66 manifestations en 600 slogans et 100 photographies ouvrent la boîte à souvenirs de 40 ans d’histoire du féminisme en France. Slogans, photos et textes ont été rassemblés par Anne-Marie Faure-Fraisse, cinéaste, Lydie Rauzier, Corinne App, graphiste et le résultat est un très beau livre fuchsia, véritable objet d’art, doux au toucher que l’on s’empresse de feuilleter dans tous les sens ! C’est que les slogans – «trésor du féminisme» – font appel à tous les jeux de langage, usant du paradoxe, de formules et d’images choc, de l’humour, de l’insolence, de la provocation et de la violence. Ils vont trouver toutes les expressions possibles, pancartes, panneaux, banderoles, marionnettes, ballons et chansons.

Manifester est un acte important. S’il renforce la détermination des militantes et la préparation de la manifestation, la confectionde banderoles, le fait de faire des choses ensemble peut contribuer à «changer la vie entière».

On peut débattre sur la date exacte de la naissance du Mouvement de Libération des Femmes, mais «la première grande manifestation, historique, est celle du 20 novembre1971. Elle a pour objectif que le débat sur l’avortement et la contraception soit pris en main par les femmes elles-mêmes. Pour le MLF naissant, c’est sa première épreuve militante». Depuis, le féminisme a évolué et «se distingue par la multiplication de groupes centrés sur des thématiques spécifiques» : port du voile, droits des homosexuelles et des transgenres, etc. De plus, il s’internationalise ; la Marche mondiale des femmes, qui a lieu tous les 5 ans, en est un exemple.

Connus ou découverts lors de la lecture, tous ces slogans mériteraient d’être cités ! N’en retenons qu’un seul «C’est en slogant que l’on devient féministe» (2010) et insistons sur le fait ce que ce petit ouvrage n’est pas qu’un livre d’images, mais un vrai livre d’histoire dont la forme est bien dans l’esprit qui animait toutes ces manifestations!

 

 

Collectif

40 ans de slogans féministes, 1970-2010

Editions iXe, 2011, 243 p.

 

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Qui gardera nos enfants ? Les nounous et les mères

Cette enquête se lit comme un roman ! On plonge dans un monde particulier à deux faces : le côté cour, investi par les nounous africaines venues de Côte d’Ivoire, qui gardent les enfants le jour, quand les mères (et pères) travaillent, et le côté jardin, représenté par les jeunes couples reprenant la garde des enfants la nuit et le week-end.

Les nounous vont au parc, les jeunes parents décorent leur bel appartement. Mais que font les nounous quand elles rentrent chez elles ? Et en fait, où habitent-elles ? Ont-elles des papiers ? Envoient-elles de l’argent en Afrique ?

Et les mères employeuses ? Se sentent-elles coupables de laisser leurs enfants tant aimé-e-s, tant désiré-e-s auprès de femmes qu’elles ne connaissent pas vraiment ? Ont-elles la liberté d’esprit suffisante pour assumer des tâches professionnelles importantes et complexes ?

Caroline Ibos a fait un immense travail d’enquête pendant trois ans, en interviewant 21 familles et 13 nounous. Elle a réussi à comprendre le travail et l’engagement de ces dernières en passant de nombreuses journées avec elles, au parc. Mais elle sait aussi donner la parole aux mères employeuses, qui expriment fort bien la complexité de leurs choix.

«Une bonne nounou, c’est une nounou qui ne fait pas ce travail que pour l’argent». Oui, mais pourtant ? La nounou a besoin de son salaire, et l’employeuse a besoin d’une personne qui se dévoue… Comment concilier ces points de vue, ces besoins ?

Une mine de réflexions intéressantes, qui intègrent à la fois la sphère de l’intime et la logique de la mondialisation.

 

 

Qui gardera nos enfants ? Les nounous et les mères

Caroline Ibos

Ed. Flammarion 2012

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La place des femmes dans l’Histoire : une histoire mixte

 

 

L’association Mnémosyne, constituée d’historiennes et d’historiens, de chercheurs, chercheuses, enseignant-e-s, attaché-e-s à la transmission des savoirs sur l’histoire des femmes et du genre, nous propose un magnifique manuel, richement illustré et qui tente enfin de combler (partiellement) les lacunes des programmes habituels.

On y trouvera un éventail très intéressant de différentes époques, des mondes antiques et médiévaux, aux temps modernes, à l’âge industriel, et plusieurs chapitres spécifiques du XXe siècle, traitant bien entendu de la condition des femmes en choisissant quelques personnalités marquantes. Chaque partie comporte une explication détaillée, des choix iconographiques originaux, un petit questionnaire pédagogique. Connaissez- vous Aspasie, Ban Zhao, ou Alexandra Kollontaï ?

On ne peut que souhaiter que les collèges romands proposeront ce manuel à leurs élèves, filles ou garçons !

 

La place des femmes dans l’Histoire : une histoire mixte

Geneviève Dermenjian, Irène Jami, Annie Rouquier, Françoise Thébaud

Ed. Belin 2010

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Je suis une créature émotionnelle

 

Vous avez peut-être assisté à une représentation ou entendu parler des Monologues du vagin ces dernières années, ils ont fait le tour du monde. Eve Ensler revient avec une nouvelle œuvre forte à lire, réciter ou jouer. Elle y célèbre la voix authentique qui se trouve en chaque jeune fille, vibrante et passionnée, mais qui peine à s’exprimer devant les attentes de la société, si éloignées des vrais besoins de ces jeunes femmes qui voudraient explorer, s’indigner, sortir des chemins battus. Mais elles sont encouragées à plaire, à se conformer, à obéir aux règles. Comment font-elles pour survivre, ces adolescentes anorexiques qui rêvent de manger, ces petites prises de force à la guerre ou mises sur le trottoir des capitales, qui rêvent d’être à l’école, ces ouvrières à la chaîne de montage des Barbie, qui rêvent de peindre ou de chanter ? Parfois, elles dansent, elles dansent jusqu’à l’extase, jusqu’à l’oubli, pour que tous les rêves redeviennent possibles… D’elles-mêmes, elles disent : «Nous les filles sommes les ultimes survivantes».

Eve Ensler est fondatrice de V-Day, un mouvement mondial pour en finir avec les violences faites aux femmes. La pièce Je suis une créature émotionnelle a été créée à Johannesburg en juillet 2011. Eve Ensler vit entre New-York, Paris et l’Afrique.

 

Eve Ensler

Je suis une créature émotionnelle

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alexia Périmony

10/18, 2011

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Un troussage de domestique

14 mai 2011, coup de tonnerre dans tous les médias : le candidat favori pour la présidence de la République française est arrêté à New-York. L’homme blanc, riche et puissant est écroué pour violences sexuelles  envers une femme noire, émigrée, travailleuse pauvre. La presse française et les caciques du PS s‘affolent et expriment à cette occasion leur mépris des femmes qui n’a d’égal que leur arrogance de classe. Comme l’écrit très bien Christine Delphy, «ce fut l’occasion pour beaucoup de dire tout haut ce qu’on ne croyait même pas qu’ils pensaient encore tout bas».

 

Cet ouvrage recueille les réactions des féministes, très rapides, après la nouvelle stupéfiante. A l’encontre des socialistes qui défendent avant tout leur leader, les féministes descendent dans la rue dès le 22 mai et organisent leur riposte dans la presse.  Peu à peu leurs arguments pour le respect et la liberté des femmes gagnent du terrain. Un Jean-François Kahn qui avait sorti cette scandaleuse expression «Ce n’est qu’un troussage de domestique»  recule et s’autoflagelle.  Elles ouvrent les vannes de la parole des femmes. Des journalistes, des parlementaires osent enfin révéler le sexisme de leurs milieux, les couleuvres qu’elles se sentent obligées d’avaler pour garder leur place. Les femmes françaises acquièrent un nouveau regard sur la banalisation des violences sexuelles qu’elles ont dû subir et beaucoup rejoignent le combat  féministe.

 

Alors que DSK et sa femme, figure emblématique de l’épouse idéale, se refont une carrière respectable, il vaut toujours la peine de lire la prose stimulante des meilleures Françaises, pour s’encourager à continuer avec elles les luttes féministes.

 

 

Un troussage de domestique

recueil de 23 contributions féministes, coordonnées par Christine Delphy

Ed. Syllepse, Paris, 2011, coll. «Nouvelles questions féministes»

182 pages

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Photo de groupe au bord du fleuve

Ce roman féministe et militant met en scène quinze casseuses de cailloux dans une carrière au bord d’un fleuve africain. Elles apprennent que la valeur de leur marchandise a considérablement augmenté sur le marché et décident de revendiquer une augmentation du prix de leur sac de 10’000 à 200’000 FCFA.*

Pendant une dizaine de jours, à travers le récit de leur porte-parole Méréana, nous suivons cette lutte qui coûtera la vie à l’une d’entre elles. Si les négociations avancent et que les ministres s’en mêlent c’est qu’une réunion des femmes des présidents africains doit avoir lieu dans la ville. L’affaire prend vite un tour politique et les autorités essaient de l’étouffer avec une grosse enveloppe et des promesses de déclarations pro-gouvernementales aux médias. Mais ces militantes ont découvert leur pouvoir et tirent habilement leur épingle du jeu.

Livre magnifique : ces femmes aux destins cabossés, victimes de tous les maux de l’Afrique en développement, SIDA, machisme, mariages forcés, guerres civiles, viols, font preuve d’une solidarité, d’un dynamisme impressionnant et de la conscience qu’elles s’en sortiront par l’éducation et la formation professionnelle.

Emmanuel Dongala est un écrivain congolais et vit aux USA depuis la guerre civile de 1997.

*au cours du jours : 10’000 FCFA valent environ 15 euros

 

Photo de groupe au bord du fleuve

Emmanuel Dongala, Ed. Actes Sud, 2010, 334 pages

 

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Vie de meuf

Cet ouvrage provient du blog Viedemeuf.fr lancé par l’équipe française de Osez le féminisme ! qui récolte depuis 2009 les réactions misogynes et les expériences sexistes de la vie ordinaire. Il a pour but de faire prendre conscience aux milliers d’internautes qui s’y connectent chaque jour que les inégalités sont encore présentes partout et de leur donner envie de s’engager pour faire changer la société. Les petites phrases assassines et tellement banales du quotidien – «Vous allez nous faire le café comme vous êtes la seule fille» – sont regroupées en une dizaine de domaines: profession, couple, ménage, maternité, éducation, langage, etc. Chaque chapitre privilégie la prise de conscience et donne des idées de répliques cinglantes : «Quoi, tu n’as pas encore d’enfants ? – Non, et toi, toujours pas de chien ?», ou de réponses plus étayées : «En moyenne, en France, une femme prend 32 semaines de congé maternité (deux enfants). Sur 2080 semaines d’activité. Ça fait relativiser.»

En fin d’ouvrage, une histoire des droits des femmes en quelques dates et des adresses d’associations féministes aident aussi à bien s’armer contre le sexisme ordinaire. Un petit livre à avoir toujours sur soi !

Vie de meuf, le sexisme ordinaire illustré

édité par l’association Osez le féminisme !

Préface de Catherine Vidal, neurobiologiste

JBz & Cie, Paris, 2011

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Pour en finir avec Mars et Vénus

Avec son Petit traité de désobéissance féministe, Stéphanie Pahud, féministe et linguiste, nous livre les outils de base pour prendre du recul avec la «Femme» et l ’«Homme».

Comment? En décortiquant la manière dont la publicité et les médias reflètent les stéréotypes de genre en cours dans notre société.

Pourquoi? Pour une plus grande créativité dans nos identités et nos comportements.

Explications.

Pour la linguiste et féministe Stéphanie Pahud, la désobéissance passe par une prise de conscience des assignations de genre. Autrement dit, ne pas forcément se conformer aux comportements prescrits aux femmes et aux hommes selon leur sexe biologique. Ces stéréotypes de genre sont souvent sous-jacents aux discours et comportements ambiants. Ce sont des «évidences» qui naîtraient de la «nature» même des hommes et des femmes.


La publicité et les discours médiatiques mettent en scène, volontairement ou non, les stéréotypes de genre et représentent ainsi le corpus rêvé pour une linguiste qui tient à mettre à jour ces normes sous-jacentes. Il ne s’agit pas d’une dénonciation de la publicité et des médias, mais plutôt d’une prise de conscience individuelle pour une vieille critique des assignations. Afin que chacune et chacun puisse choisir avec plus de liberté les comportements qui correspondent à son identité, ses aspirations et ses incohérences.


«Le soin, par nature c’est elle… la précision, c’est Tefal.»*


Si la publicité est certes devenue bien moins directement sexiste, elle n’en demeure pas moins un discours qui perpétue encore souvent les stéréotypes de genre. En partie pour des raisons marketing, le discours publicitaire aime les catégories bien différenciées : «Sur le plan économique, le système de genre est au cœur du dispositif publicitaire: il intervient dans le segmentation des marchés, dans la sélection des médias et des supports, dans le packaging des produits, dans le choix des arguments de vente et, bien sûr, dans les scénarios des annonces qui, pour la plupart, mettent en scène des êtres humains.»


Si Stéphanie Pahud souligne la publicité est «perméable» aux évolutions, au queer ou au gay friendly - «Couples hétérosexuels, la MAIF vous assure aussi » - il n’empêche qu’au final, «la majeure partie des scénarios publicitaires sont aujourd’hui encore marqués du sceau de la division traditionnelle des rôles et des caractères féminins et masculins.»

La nuit des longues limes à ongles
Dans la presse, les femmes représentent le cinquième des personnes évoquées et le tiers des signatures. Outre ces chiffres, Stéphanie Pahud a choisi de décortiquer le discours sur les femmes politiques comme symbolique du rôle des médias «dans la formation et la perpétuation des imaginaires collectifs, entre autres de genre et [pouvant] contribuer, indirectement, à entretenir un verrouillage des identités féminine et masculine.»


Si, par exemple, le fait d’être une femme a souvent été positif dans la campagne à l’élection au Conseil fédéral de Doris Leuthard, on peut tout de même se demander si UN ministre de l’économie aurait été représenté en caissière par un dessinateur de presse. Quoi qu’il en soit, positif ou négatif, que Doris Leuthard soit une femme n’a pas été neutre dans les échos médiatiques de sa campagne et de son élection.


En somme, Stéphanie Pahud ne nie pas les différences biologiques entre les sexes mais questionne les déterminations sociales et culturelles qui en découlent. Les hommes et les femmes que nous sommes ne se reconnaissent pas forcément dans la masculinité ou la féminité présentée comme naturelle. Entre «socialisation et pouvoir de construction identitaire», la linguiste en appelle à notre pouvoir de créativité envers les normes sociales.

 

*Annonce publicitaire Tefal pour des appareils de soin pour bébé.

 


Stéphanie Pahud est docteure ès Lettres et maître-assistante en linguistique française à l’Université de Lausanne.


Petit traité de désobéissance féministe, édition Arttesia, 2011, 135 p.

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Histoire des femmes



Ce sont elles qui l'écrivent : Françoise Héritier l'­anthropologue, Michelle Perrot l'historienne, ­Sylviane Agacinski la philosophe, et ­Nicole Bacharan la politologue. Avec humour et intelligence, nous revisitons notre histoire en nous la réappropriant au passage. Car depuis le début, même si les femmes font l'Histoire au même titre que les hommes, ce sont eux qui l'écrivent. L'époque est révolue. L'ouvrage démonte quantités de clichés éculés.

Vrai-faux
Françoise Héritier revient sur l'idée d'un partage des tâches "naturel" : l'homme à la chasse, la femme à la grotte avec les gosses. Elle dit que dans les sociétés où les hommes chassaient, la viande qu'ils ramenaient ne constituait que 20% de la nourriture du groupe, tandis que la cueillette des femmes en représentait 80%. Pourtant l'image de l'homme vaillant chasseur a toujours été valorisée. Jaloux du "privilège exorbitant d'enfanter" des femmes, le groupe des hommes s'est tacitement entendu pour marginaliser l'autre sexe. En écrivant l'Histoire, ils s'assuraient de transmettre l'idéologie patriarcale et un pouvoir sans partage.

Fétichisme
Michelle Perrot explique que les hommes ont toujours été obsédés par les cheveux de leurs compagnes. Une fixette qui leur a inspiré des théories sur le port du voile par exemple (et qui fait les beaux jours de multinationales qui soutiennent les femmes dans leur combat pour soigner leur chevelure). La femme dispose peu de son corps, véritable terrain de conquête. L'historienne analyse ainsi le viol ordinaire: «De tout temps, le danger, c’est le viol.» Elle explique qu’«il a régné un extraordinaire silence sur le viol. La jeune fille, qui n’a pas réussi à se défendre, est considérée comme coupable.» Les comportements actuels des femmes restent aujourd'hui encore conditionnés par cette transmission des peurs, des hontes. L'exercice de la domination masculine repose sur des rapports de force dont la partie très visible est la violence.

Sexe
Quant à la sexualité féminine, le point de vue masculin propose deux visions : la frigide et la pute. Sylviane Agacinski complète un tableau déjà bien noir en fustigeant la psychanalyse de Freud et de Lacan, fondée sur leur conviction étroite que le sexe, c'est le pénis. Disons que les femmes en ont vu des vertes et des pas mures depuis quelques millénaires et que la prochaine étape est de définitivement ringardiser les phallocrates de tout poil. Aux féministes et aux autres d'investir les terrains d'expression, de création et de pouvoir pour que l'histoire des femmes ne soit plus un genre mineur.

A vos stylos !

 

Françoise Héritier, Michelle Perrot, Sylviane Agacinski, Nicole Bacharan

La plus belle histoire des femmes

Ed. du Seuil, 2011, 308 pages.

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